Ce n'est pas le meilleur roman que j'ai lu, mais ce rapport analysant de l'intérieur la grande maison qu'est l'Education nationale n'en est pas moins intéressant tant le poids de cette institution est considérable. Près de 30 millions de Français n'appartiennent-ils pas à un titre ou un autre à la sphère éducative?
Décentralisation, jeunes en difficulté, nouvelles technologies, ouverture au monde... les missions, les enjeux, les modes d'actions sont questionnés. Et sans langue de bois, si la mission reconnait par exemple que les efforts financiers des collectivités territoriales sont notables et globalement en augmentation, elle s'interroge sur la division de la responsabilité politique en matière éducative et se demande si cette dispersion peu favorable à la continuité pédagogique ne risque pas de constituer un obstacle à certaines réformes de structures.
Mais si je fais une place à cet ouvrage dans mon blog, c'est qu'il aborde de façon large et précise le rôle des TIC et celui du nécessaire déploiement des Espaces numériques de travail pour le premier et le second degré.
Le rapport rappelle que le développement des ENT dans le système éducatif répond à quatre préoccupations essentielles: moderniser l'offre éducative, faciliter la communication entre les acteurs, favoriser l'autonomie des élèves et l'individualisation des enseignements, développer le travail de groupe. Néanmoins, malgré les investissements réalisés, la diffusion des usages est encore décevante. Le rapport tente d'en déceler les raisons et précise que la difficulté provient de la conjonction de plusieurs obstacles, de facteurs limitants relativement bien identifiés mais dont les interactions complexes ont rendu la maîtrise incertaine.
En harmonie avec ce que j'ai moi-même écrit dans mon livre, le rapport précise les axes de développement souhaitable. Sans être exhausif:
- l'effort d'équipement doit être poursuivi sur la base de référentiels nationaux et accompagné de la mise en place de dispositifs d'assistance et de maintenance pérennes et réactifs.
- l'ensemble doit être pensé globalement et ne peut être pris en charge que dans le cadre d'un partenariat explicite entre l'Etat et les collectivités de rattachement des écoles et des établissements.
- au delà de la formation continue, c'est tout un accompagnement du changement qu'il convient de mettre en place. Il implique à la fois les personnels d'inspection, moteurs de l'évolution des pratiques pédagogiques et les personnels de direction des établissements.
- il faut organiser la concertation entre les enseignants pour une couverture complète et progressive des compétences du B2i, en associant plusieurs disciplines, plusieurs partenaires, plusieurs classes...
- l'appropriation diversifiée de l'outil numérique par l'ensemble de la communauté éducative, y compris les parents d'élèves, est indispensable.
- il faut favoriser l'effective continuité entre la scolarité et l'accompagnement. La question de l'ouverture des établissements en dehors des heures de classe doivent être résolus.
Je vous propose un extrait de la conclusion qui pourrait être mienne:
Enfin, le considérable pouvoir srtucturant de l'Espace numérique de travail est probablement plus apte que les circulaires ministérielles à modifier en profondeur les rigidités du système éducatif: il induit le renouvellement des pratiques d'enseignement, le travail collaboratif, le suivi différencié des élèves.
Les enjeux sont grands. Mais les résultats ont leur prix. Le succès d'une généralisation d'un tel dispositif ne s'obtiendra qu'à certaines conditions: une clarification du concept et des logiques qu'il impose; un partenariat défini dès l'origine et un pilotage partagé avec la collectivité territoriale(objectifs, choix techniques, maintenance, évaluation)...
Ainsi l'ENT servira une école plus efficace et plus ouverte et pourra jouer utilement le rôle de catalyseur du changement.
Commentaires