Educatice 2008, salon des nouvelles technologies au service de l'éducation
. Salon commercial pourront dire certains, mais sûrement grâce aux ateliers et conférences un véritable lieu d'échanges sur les nouvelles pratiques, les nouveaux usages dans les classes.
Et je dois dire que l'intervention du directeur d'une "modeste" école d'un village de la Marne m'a passionné, et lorsque quelque temps après car également enseignant en CM2, je l'ai retrouvé avec sa classe au complet nous présentant concrètement comment ses élèves travaillaient, alors là j'ai pris un coup de vieux.
Restez 5 minutes avec moi, l'histoire mérite d'être lue.
Ce projet commence par une rencontre entre le directeur de l'école et le président des randonneurs. La région est riche en chemins, mais ils ne sont plus balisés, comment les réhabiliter? Ni une, ni deux, Monsieur Camus le directeur propose un projet pédagogique, parcourir le chemin avec sa classe et travailler sur la botanique, la zoologie, l'histoire, la géographie, la toponimie... La démarche serait classique si elle ne s'accompagnait pas d'une utilisation à tout niveau des nouvelles technologies car à la finale l'objectif est de proposer aux randonneurs la possibilité de télécharger sur leur baladeur toutes les explications, en multimédia s'il vous plait ! Rien moins qu'une production en baladodiffusion ou encore podcasting.
Comme une évidence les gamins utilisent des photos satellites et via le tableau
blanc interactif (TBI) tracent à l'aide d'un stylet le sentier, prennent des photos, intègrent des commentaires vocaux, mixent de la musique et finalement permettent le transfert vers les baladeurs (mais aussi font une plaquette papier pour ceux qui en sont dépourvus) Je peux témoigner pour les avoir vu faire lors du salon de leur motivation. Leur sérieux n'a d'égal que leur plaisir et leur capacité à travailler en groupe est surprenante. Beaucoup d'humilité de ma part aussi car je ne suis pas certain de savoir maîtriser toutes ces techniques et obtenir un produit final aussi innovant et de cette qualité.
Quelques réflexions que je vous soumets:
- le nerf de la guerre c'est clairement la passion et l'enthousiasme du directeur. Inlassablement il explique son projet et se déplace même avec sa classe à Educatice, les gamins suivent et sont ravis de montrer ce qu'ils savent faire.
- la passion est communiquante et visiblement toute l'école adhère, il n'est pas surprenant que la vidéo-conférence soit utilisée et qu'un partenariat ait été mis en place avec une classe anglophone.
- le projet pédagogique est central, les technologies sont à son service. La techno pour la techno est une aberration, il faut donner du sens et c'est exactement ce que fait cet enseignant.
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le B2i (brevet informatique internet) est vraiment une bonne idée. Son intérêt vient du fait que les nouvelles technologies sont introduites dans les apprentissages. Pour cette raison, la situation trop fréquente où des enseignants "soutraitent" l'informatique à des intervenants n'est-elle pas contre productive?
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enfin ne faut-il pas arrêter les discours condescendants sur les pauvres classes perdues au milieu des champs, Saint Thierry est un village de 600 âmes comme il en existe des milliers. Et il se fait là ce qu'il ne se fait probablement pas ou peu dans les écoles de centre ville.
Sur un autre sujet une table ronde organisée par l'Education nationale a fait le point sur le déploiement des Espaces numériques de travail (ENT) via les témoignages d'utilisateurs: principaux, enseignants, parents d'élèves.
Verbatim:
- 480 établissements sont connectés aujourd'hui à un ENT.
- un collège d'Alsace implanté en ZEP: tous les membres de la communauté éducative ont un code pour accéder à l'ENT, y compris les parents et les associations de quartier qui font par exemple du soutien scolaire. La messagerie est ouverte à tout le monde, le module actualité est activé, le cahier de texte est exlusivement numérique, l'appel se fait directement par les enseignants via l'ENT. Les parents se sentent mieux acteurs de la scolarité de leurs enfants et l'ensemble des personnes sont très satisfaites du partage de l'information. L'ENT inclut bien sûr un module de création de contenu et le forum avec modérateur est largement utilisé.
- un collège du Rhône: depuis 4 ans il n'y a plus de cahier de texte papier et de ce fait les comptes rendus de cours mais aussi les devoirs sont en ligne. C'est plus précis pour les élèves, particulièrement utile pour ceux qui sont malades et les parents savent mieux ce qui se passent en classe. Les parents se sentent reconnus car ils peuvent accéder aux mels perso des enseignants et du principal. Pour autant il n'y a pas de dérapage et la charte de bonne conduite est respectée. Certaines familles apprécient particulièrement l'accès à certain contenu comme les revues de presse tenues à jour quotidiennement par exemple.
Oui mais voila, pour faire le désagréable je rappellerai qu'il y a 10.000 établissements dans le second degré, 9.500 attendent donc leur Espace numérique de travail et c'est sans compter le premier degré...
Merci pour ce billet plein d'enthousiasme qui me ravit, étant le directeur de Saint Thierry....
Rédigé par: Régis CAMUS | 12 mai 2009 à 15:52