Fin mars 2011, la Ville de Bordeaux organisa la première semaine digitale. Proposant une série d'évèvements autour de l'utilité des projets numériques, cette semaine fut le moment d'explorer comment innovation numérique et innovation sociale sont devenues indissociables. Un thème par jour: le Web social, le réalité augmentée et son nuage de QR codes, le lien avec l'enfant hospitalisé, l'attention portée aux seniors....
Bien sûr je vous parlerai de la journée du mercredi 23 mars consacrée à l'e-éducation. La Ville de Bordeaux pour cette occasion invita les trente plus grandes villes de France pour tenter de dégager les pistes d'un développement durable de l'école numérique dans nos villes, nécessité car ce développement est pour le moins cahotique façon politiquement correcte de signifier qu'en dehors d'opérations pilotes et parfois prestigieuses nous sommes très en retard en France sur le premier degré.
Lettre d'Alain Juppé: Téléchargement Lettre_juppé
Votre serviteur anima la séance pleinière consacrée au rôle des Espaces numériques de travail avec les villes pionières de Limoges et Bayonne. Quelques idées débattues et autres réactions lors des diverses interventions de la journée:
Le rappel de cette exception française, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. L'éducation est du domaine partagé de l'Etat et des Collectivités territoriales, il n'y a donc pas un mais deux pilotes dans l'avion avec des logiques qui peuvent sensiblement diverger. Ce co-pilotage demande un certain doigté et visiblement sa compréhension est souvent balbutiante chez certains, projet pédagogique et projet politique sont intimement liés. Les Villes doivent donc développer l'art de cette nouvelle gouvernance, pour moi cela tombe bien car c'est au coeur de mon métier. Il me semble que depuis certains de mes post post2 écrits sur ce même blog il y a plus de cinq ans, nous avons plutôt bien avancé.
La classe numérique devient une évidence, rares sont ceux qui aujourd'hui se posent la question de conserver la classe telle que nous la connaissons, la classe du 19ème siècle post3 . Toujours quelques tentatives de mélanger les questions comme refuser d'envisager la modernisation de la classe au prétexte que cela masquerait la volonté de diminuer les effectifs, mais dès que l'on a goûté au plaisir d'enseigner (et d'apprendre) avec les TICE la marche en avant ne peut s'arréter. Ce qui est terrible c'est que des considérations idéologiques bloquent dans plusieurs villes le développement nécessaire de la classe du 21ème siècle, position domageable pour leurs élèves.
Justement l'après-midi fut consacré à la démonstration par des enseignants de leurs nouvelles façons de travailler en classe, enseignants ayant en main ces TICE depuis 2 mois ou 2 ans. Langues étrangères, SVT, mathématiques, français... rien n'échappe à la sagacité de ces enseignants visiblement heureux de partager leur expérience.
La Ville de Nîmes, elle aussi fortement impliquée dans un projet ambitieux pour l'école numérique (j'ai le plaisir d'y être leur assistant à maîtrise d'ouvrage) participa aux tables rondes et insista sur cette nécessité vitale d'associer projet pédagogique et projet technologique.
L'année prochaine une nouvelle semaine digitale à Bordeaux? Je l'ignore, cependant je le souhaite car visiblement des progrès sont faits et l'école numérique devient une réalité en France mais au prix de disparités considérables, disparités qui suivent non pas des frontières naturelles mais plutôt celles de la prise de conscience, ou non, du rôle irréversible du numérique dans nos sociétés.
Commentaires