La France dépense pour l'éducation des jeunes -investit faudrait-il dire- 5,9% de son PIB, un point de plus que l'Allemagne par exemple. Notre nation consacre plus d'argent qu'un pays comme la Finlande réputé comme ayant un des meilleurs systèmes éducatif au monde (infos complémentaires). Si les ordinateurs sont présents à l'école depuis de longues années -quoique de façon non homogène et souvent de piètre qualité et sans Internet- les Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Education (TICE) sont carrément absentes de la classe et de la pratique pédagogique quotidienne. La classe est toujours dominée par le tableau noir (ou vert ou blanc), la craie et le cahier c'est à dire les technologies du 19ème siècle (en savoir plus), ce qui est étrange lorsque l'on constate que la quasi totalité des enseignants utilisent chez eux leur ordinateur, les élèves aussi même si les usages sont différents.
Pour le 1er degré les Villes, à l'origine du financement de l'e-éducation, commencent à élaborer des plans importants de modernisation de l'environnement TICE de nos écoles. Limoges, Besançon, Biarritz sont les acteurs historiques suivis aujourd'hui de Bordeaux, Amiens et bien sûr Nîmes dont je suis l'assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO) sur ce beau projet.
Quelques mots à ce sujet car le plan de la ville de Nîmes est ambitieux.
Ambitieux quantitativement: équiper la majorité des classes des 84 écoles nîmoises (*) en Tableau blanc numérique (TBI) et en ordinateurs. Programme d'investissement sur quatre ans pour installer 260 TBI et 260 ordinateurs portables associés, 780 ordinateurs type 'client léger', 110 imprimantes. Sans oublier bien sûr le câblage de toutes les salles (l'option WIFI n'a pas été retenue), les éléments actifs du réseau, les accès Internet de qualité (connexion à la fibre optique au fur et à mesure de son déploiement sur le territoire communal), les dessertes électriques...
Ambitieux qualitativement: bien sûr les ressources numériques ont été sélectionnées soigneusement mais la méthodologie est à mettre en exergue. Ces produits technologiques ne 'débarquent' pas comme cela dans la classe, c'est le résultat d'un travail en commun entre la Ville et l'Inspection académique. La communauté enseignante de chaque école élabore un projet pédagogique mettant en oeuvre ces nouveaux outils, c'est au regard de la qualité de ce projet que le Comité de pilotage donne son feu vert pour la prise en compte de cette école dans la programmation. La formation et les mesures d'accompagnement sont intégrées car composantes essentielles du succès de l'opération. Cette liberté des enseignants qui s'intègrent dans un schéma directeur produit de l'efficacité (une certaine homogénéité nécessaire au principe d'égalité mais aussi des commandes groupées pour l'aspect économique) et laisse un grand espace à l'initiative pédagogique (il suffit de rajouter par exemple une Webcam pour transformer un TBI en système de visioconférence). Bien que ce soit mon cheval de bataille je ne m'étendrais pas sur le sujet, ce projet comporte un volet déploiement d'un Espace numérique de travail 1er degré (ENT).
Un mot spécifiquement sur le rôle des TBI: leur principal intérêt est de favoriser l'interactivité entre enseignants et élèves, cet outil suscite la curiosité des jeunes et améliore leur attention et leur concentration. J'ai pu vérifier que la plupart des enseignants qui l'utilisent ressentent eux-mêmes un regain de motivation, un nouveau challenge se présente car le numérique bouleverse la façon d'enseigner. Le TBI avec sa large surface de projection visible par tous permet à chacun d'intervenir, le travail collaboratif est grandement amélioré. Rédaction collective, découverte de séquences multimédia d'un livre numérique, géométrie dynamique, expériences scientifiques, apprentissage des langues, musique... la palette est infinie et ce n'est que le début!!! Certes pour un enseignant la charge de travail au début est plus lourde cat il faut remettre à plat ses supports, voire remettre en cause certaines habitudes. Mais ensuite l'apport est facilitateur car il est aisé de reproduire d'une année sur l'autre, de mettre véritablement en mémoire la séquence d'un cours. Via l'ENT les cours peuvent transiter du domicile à la classe par un simple clic.
Comme au 19ème siècle où l'apport du tableau noir fut extraordinaire, la révolution est en marche au 21ème siècle avec le TBI.
(*) Dans ce premier plan équipement: totalité des classes écoles élémentaires, classes de grande section pour les maternelle.
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