« Internet, révolution et billes de bois | Accueil | Crainte »

Commentaires

Stéphane Bayle

"Le blogueur travaille pour lui, le journaliste travaille à la construction d'une oeuvre collective"
Je ne suis pas certain que cette distinction soit aussi radicale que cela, en particulier sur la seconde assertion qui peut faire plaisir à un patron de presse ou au rédac chef mais le journaliste ne travaille t-il pas aussi pour son compte propre, en l'occurence sa carrière, son ego, etc... Comme bloggeur j'ai aussi le sentiment de participer à une oeuvre collective. La question de Loïc est décidemment une bonne question ;-)

Léa D

Où se trouverai l'oeuvre collective dans la blogosphère?
Sinon tout est collectif !! Je suis certaine que le blogueur écrit pour lui mais le journaliste du Monde pour la ligne éditoriale de son journal, enfin il me semble...

Stéphane Bayle

au travers de la blogosphère je pratique quotidiennement de la fertilisation des connaissances, je me nourris de mes lectures, je commente comme ici, je rédige parfois également sur mon blog qui sert à son tour je l'espère à enrichir la réflexion d'autres personnes. Donc si c'est pas du collectif alors je ne comprends plus rien. Il y a donc bien enrichissement mutuel alors qu'un journal reste un communication unilatéral.
Comme tout individu normalement constitué un journaliste participe évidemment à faire avancer l'organisation qui le nourrit mais c'est également un être humain qui pense aussi à ses propres intérêts.
Léa D vous devriez démarrer un blog sur le management de l'innovation, c'est un sujet qui me passionne ;-) et en plus vous pourriez me percevoir l'aspect collectif du blog
cordialement

Laurent Javault

Je pense que la discrimination collectif/individuel est assez justifiée concernant le journaliste et le blogueur. Ils me semblent même, de ce point de vue, dans une position exactement inverse. Le journaliste se voit accorder un statut officiel, reconnu par toute la société, quand le blogueur se doit de "conquérir" une situation dans la blogosphère. A partir de là, tout change.

Muni de sa carte de presse, le journaliste porte sur lui le nom du journal pour lequel il travaille (sauf s'il est pigiste), il doit suivre la ligne éditoriale et intégrer efficacement l'équipe. Dans ses papiers, il ne pourra exprimer sa sensibilité (style, angle de vue) que par petites touches subtiles. C'est la part individuelle de son travail.

Le blogueur part d'un point exactement inverse : il publie dans un acte purement individuel et ne s'intègre que progressivement à une communauté d'autres blogueurs avec lesquels il se sent des affinités. La dimension collective n'apparaît donc que dans une deuxième temps pour s'ériger d'ailleurs en une sorte de feed-back qui oblige le blogueur à s'auto-contrôler.

En définitive, côté journaliste, on pourrait parler d'une structure forte (la rédaction) et de l'autre, côté blogueur, d'une superstructure informelle (la blogosphère et la communauté mouvante qu'il fréquente).

Deux notions qui ramènent à la notion de collectif, mais par des biais très différents.

Je ne dis là que des évidences, mais bon...
Pour info, je connais les deux activités.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.